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Retraites par capitalisation, miroir aux alouettes

Les Européens menacés de vieillir... pauvres

 

Par Florence Autret, à Bruxelles

La chute de la démographie en Europe fragilise la solidarité entre générations. Mais la phase de destruction de richesse financière dans laquelle le monde est entré après la crise de 2008 questionne tout autant les retraites par capitalisation.


Copyright Reuters
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Décidément, il n'y a pas pas de solution simple au casse-tête des retraites. On savait que l'Europe vieillissait. La situation ne s'arrange pas, nous dit la Commission européenne dans un document publié jeudi. Le Vieux continent n'a jamais autant mérité son nom. Il connaîtra cette année un basculement historique : la population européenne âgée de 20 à 59 ans va commencer à baisser alors qu'elle était restée en augmentation constante depuis la dernière guerre. Pendant ce temps, le nombre d'Européens âgés de plus de 60 ans seront 2 millions de plus chaque année pendant au moins une décennie.

 

Les bilans des fonds de pension laminés

Mais ce n'est pas tout. On savait qu'avec une telle évolution démographique, il devenait de plus en plus difficile de faire financer les retraites par les actifs. Les systèmes par répartition avaient du plomb dans l'aile mais on pensait connaître la parade : la capitalisation. A présent, même Bruxelles reconnaît que la crise financière a sérieusement hypothéqué cette option. Elle a littéralement laminé les bilans des fonds de pension. "Nous devrions porter un regard nouveau (sur) la connexion entre marchés financiers et fonds de pension, pas dans la perspective de réduire leur taille mais de revoir" leur fonctionnement, a dit jeudi Laszlo Andor.

Le commissaire européen en charge des Affaires sociales présentait un « livre blanc » sur les retraites qui ouvre des perspectives saisissantes sur le défi démographique européen. Pour un quart des Européens, la retraite est déjà la principale source de revenus. « Si les pays européens ne parviennent pas » à créer des systèmes soutenables, « des millions d'Européens feront face à la pauvreté », souligne cet économiste socialiste hongrois.

De nombreux pays concernés

Après la crise, la destruction de richesse détenue par les fonds de pension a été brutale. La baisse des actifs des fonds de pension fin 2010 en comparaison à fin 2007 atteignait respectivement 10 et 13% en Belgique et en Espagne. « En Irlande, certains fonds ont perdu 50% de leurs actifs », a dit jeudi Laszlo Andor. Le problème n'est pas circonscrit aux pays traditionnellement dotés de grands fonds de pension comme les Pays-Bas ou le Royaume-Uni.Il est particulièrement grave dans les pays qui, comme en Europe centrale ou dans les Balkans, ont fait le choix, à la fin des années 1990 de système de retraite obligatoire par capitalisation. La Pologne, la Hongrie, la République slovaque, l'Espagne ont vu leurs fonds afficher des taux de rendement réels... négatif entre 2008 et 2010.

 

 

 

Florence Autret, à Bruxelles - 16/02/2012, 19:23 

 

Les technocrates et les banksters font mine de découvrir une évidence: les fonds de pension SONT DES PLACEMENTS A RISQUES!! ( ainsi que les assurances vies)

il faut en effet se souvenir que, c'est dans la polémique qui oppose d'un côté libéraux, partisans de la CGT et de Jules Guesde et de l'autre côté radicaux et partisans de Jean Jaurès que le 5 avril 1910, la loi sur les retraites ouvrières et paysannes est votée. Elle prévoit des cotisations obligatoires pour les travailleurs qui gagnent moins de 3 000 F par an (cotisations d'un montant de 9 F par an pour les ouvriers comme pour les patrons) et la contribution de l'État sous forme d'allocations viagères. L'âge de la retraite est fixé à soixante-cinq ans. En 1912, dans la loi de finances rectificative de 1912, établie par Léon Bourgeois l'âge est abaissé à soixante ans pour les métiers les plus pénibles. la France républicaine prenait une position très originale au regard de pays qui, comme l'Allemagne et le Royaume-Uni, avaient élaboré une protection sociale solide des vieux travailleurs, mais avaient fixé l'âge du bénéfice de la retraite à 70 ans.

 

Mais le système est complexe, basé sur la capitalisation, le calcul fiable du montant de sa future retraite est un exercice difficile.

Les deux guerres, la crise économique des années 30 allaient détruire le dispositif à capitalisation et contraindre les états à édifier les bases d'un autre système.

 

L'histoire nous a enseigné que les retraites à capitalisation sont soumises aux aléas économiques. La période récente démontre que les fonds de pension dirigés par les banksters internationaux se sont comportés en redoutables prédateurs. l'emploi dans les pays développés en a été la principale victime. Les fonds de pension ont exigé des entreprises des rendements de 12 à 15%, alors que raisonnablement elles ne pouvaient servir que 3 à 4% . Les moyens pour obtenir les rendements exigés ont été " plus, mieux, moins cher avec moins de personnel", puis budget réduit sur recherche et développement, puis abandon de l'entretien de l'outil de production, puis dépeçage des entreprises, puis délocalisation revente de l'entreprise avec transfert des savoirs-faire. Ainsi des pans entiers de l'industrie nationale ont disparus ne laissant que friches industrielles et chômage à la charge de la collectivité. Aujourd'hui les outils ont disparu et les savoirs-faire sont oubliés, remonter la pente vers un "produire Français" sera très difficile. Et les banksters ne nous aiderons pas ! ( NDR)

 

Avant 1910, la vie des anciens travailleurs reposait traditionnellement sur l'entraide volontaire:la solidarité familiale inter-générationnelle, la charité à l'initiative d'organismes religieux, l'hôpital ou la mendicité.



17/02/2012
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