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remunicipalisations de l'eau le cas de Véolia environnement

Rapport mondial sur Veolia par l'ONG américaine Food and Water Watch

le rapport complet disponible en français sur foodandwaterwatch.org


Rapport mondial sur Veolia par l'ONG américaine Food and Water Watch
http://www.foodandwaterwatch.org/francais/veolia-environnement-profil/
Les profits de Veolia Environnement s’effondrent alors que des municipalités à travers le monde remunicipalisent leurs contrats d’eau et que l’entreprise ne parvient pas à obtenir de nouvelles concessions de bail
Les défenseurs de la justice de l’eau dévoilent la longue liste de défaillances de service de l’entreprise

Paris, France—Malgré des revenus de €34.8 milliards en 2010, Veolia Environnement, la plus grande entreprise de services d’eau au monde, a subi une diminution de 11% dans le résultat opérationnel ajusté de sa division d’eau par rapport à l’année précédente, révèle une étude publiée aujourd’hui par le groupe de défense des consommateurs Food & Water Europe. Veolia Environnement: Profil de la plus grande entreprise de services d’eau au monde démontre comment la réaction hostile du public aux tentatives de Veolia de dominer le marché des services d’eau a rongé les revenus de l’entreprise.

Fournissant des services d’eau potable à 95 millions de consommateurs et d’assainissement à 68 millions dans 66 pays, Veolia a eu du mal à maintenir ses taux de profitabilité et à concrétiser sa vision de privatisation ces dernières années. De 2005 à 2009, de nouveaux contrats de l’entreprise avec les pouvoirs publics ont diminué dans leur durée et leur portée—les principaux nouveaux contrats signés en 2009 ont diminué en valeur de 97 pour cent par rapport à ceux qu’il a signé en 2005.

La société a orienté plus de la moitié de ses activités de croissance au cours des trois prochaines années pour étendre sa présence en Europe et en Asie. Pendant ce temps, des consommateurs partout dans le monde souffrent de pénuries d’eau, d’une montée en flèche des tarifs et des pratiques de facturation irrégulières au regard des services de Veolia Environnement. Certaines municipalités, telles que Paris, en France et Adelaïde en Australie ont mis fin à leurs relations avec Veolia prématurément, afin de réaliser de potentielles économies grâce à la gestion publique.

“À bien des égards, le fait que Paris ait repris le contrôle public de son système d’eau à Veolia peut être considéré comme un signe des problèmes à venir pour l’entreprise, » a dit la directrice de Food & Water Europe Wenonah Hauter. “Un an après la reprise de son système d’eau, la ville prevoit 35M€ en économies annuelles. On sait que les choses vont mal pour Veolia lorsque même sa ville natale decide de rejeter ses services.”

Ces questions et d’autres ont été soulignés le 20 avril lors d’une conférence de presse organisée au Conseil Régional d'Ile de France par les défenseurs des consommateurs et de la justice de l’eau. Les intervenants à la conference incluent Wenonah Hauter, Directrice de Food & Water Watch/Europe; Danielle Mitterrand, président de la Fondation France Libertés; Anne Le Strat, président de Aqua Publica Europea; William Bourdon, Président de SHERPA et Jean Luc Touly, Conseiller régional EELV IdF, membre du Comité National de l’Eau et syndicaliste chez Veolia Eau IdF.

4 journalistes étaient présents ainsi que la directrice du développement durable de Veolia Environnement, Geneviève Férone et son adjoint le socialiste lorientais Pierre Victoria ainsi que le secrétaire CFDT du comité de groupe européen de Veolia Environnement, Hervé Deroubaix.

“La gestion de l’eau potable doit être sortie de la sphère marchande, c’est un bien commun et ne doit pas devenir le pétrole du 21ème siècle, » a dit Jean Luc Touly. « L’eau comme bien commun c’est un source de paix et non source de profit.”

Profil de la plus grande entreprise de services d’eau au monde Veolia Environnement
Veolia Environnement est la plus grande entreprise de services d’eau au monde. Depuis son siège social à Paris, Veolia opère sous de nombreux noms, dans des dizaines de pays et à travers des centaines de filiales. Mais en dépit de sa présence internationale, le coeur de ses activités reste en France. Une stratégie d’entreprise en échec
Les profits de Veolia se sont véritablement effondrés en 2008 and sont restés relativement faibles jusqu’en 2010. Sa division s’occupant de l’eau a connu des pertes importantes suite aux nombreuses remunicipalisations et n’est pas parvenue à signer de nouveaux contrats de privatisation de long terme. Pourtant, et en dépit de sa performance décevante, l’entreprise a décidé de poursuivre la même stratégie en 2011 qu’elle a poursuivi ces dernières 5 années:
• Rechercher le contrôle à long terme des services d’eau. Elle a recherché des contrats complexes et de longue durée pour le contrôle de l’ensemble des systèmes d’eau et d’assainissement de municipalités. Ce type de transactions semble néanmoins être de plus en plus rare pour l’entreprise.
• Esquiver la concurrence. Les contrats pour des activités complexes sont attrayants pour Veolia parce qu’ils impliquent moins de concurrence. L’entreprise et plusieurs de ses pairs ont été enquêtés par les autorités régulatrices de la concurrence de l’Union européenne.
• Cibler l’Europe et l’Asie. Veolia a ciblé la moitié de ses investissements de croissance sur l’Europe, en particulier sur l’Europe de l’est, où elle a le soutien financier d’institutions de prêt multilatérales. L’entreprise vise aussi la Chine.
Une Mobilisation Croissante Pour l’Eau Publique
Les consommateurs à travers le monde rapportent les mêmes problèmes lorsque Veolia gère leurs systèmes d’eau et d’assainissement. Ils se plaignent d’une tarification élevée, de la faible qualité de service livrée, et du fait que les améliorations promises ne voient jamais le jour.
De nombreuses municipalités en France et aux Etats-Unis ont repris leurs systèmes d’eau à Veolia afin d’en améliorer le service et d’en réduire les coûts. Même sa ville natale, Paris, a fini par mettre un terme à son contrat de privatisation avec l’entreprise pour restaurer une gestion publique et épargner de l’argent aux habitants de la ville. Ailleurs, le combat pour une eau publique se poursuit. Des municipalités, de l’Allemagne au Maroc, cherchent à se débarasser de Veolia et à restaurer le contrôle public de leurs ressources d’eau.

-Chiffres Clés: Veolia Environnement
-Siège Social: Paris, France
-Divisions: Eau, Propreté, Energie et Transport1
-Président Directeur Général: Antoine Frérot
-Employés: 312,590
-Résultats financiers (2010)
-Chiffre d’affaires: €34.8 milliards ($46.5 milliards)
-Résultat Net: €581 millions ($776 milliards)
-Endettement Financier Net: €15.2 milliards ($20.3 milliards)
-Veolia Eau Une division de Veolia Environnement
-Implantations: 66 pays
-Population Desservie:
--95 millions avec services d’eau potable
--68 millions avec services de gestion des eaux usées(5)
En décembre 2009, sa division Eau gérait au moins 728 entités séparées dans 66 pays. C’est pour cette raison que l’entreprise est connue sous une multitude de noms, dont United Water en Australie et en Nouvelle Zélande, PVK en République Tchèque, et Apa Nova en Roumanie. Mais quelle que soit l’appellation, les histoires se ressemblent toutes. Les consommateurs à travers le monde se plaignent
d’une tarification élevée, d’un service médiocre, et d’investissements inadéquats suite à la prise en charge de leurs systèmes d’eau et d’assainissement par Veolia.

-Bref historique: d’une compagnie des eaux régionale à un conglomérat des médias
Les origines de Veolia sont résolument françaises. En 1853, l’entreprise entame ses activités sous le nom de Compagnie Générale des Eaux pour gérer les systèmes d’eau en France. Dans les années 1980, après près d’un siècle d’existence comme fournisseur d’eau régional, l’entreprise entame une période d’expansion internationale agressive. A la fin du 20ème siècle, elle s’était transformée en conglomérat multinational des médias, nommé Vivendi.
Jean-Marie Messier devient son Président Directeur Général en 1996 et la mène dans une énorme vague
d’acquisitions, qui culmine en 2000 avec le rachat pour $34 milliards de la division de divertissement du géant de la boisson, Seagram, dont les actifs notables incluaient Universal Studios et Universal Music. En 2002, après six années d’acquisitions hâtives et surévaluées, l’entreprise avait accumulé €33 milliards de dette. Ses obligations avaient été déclassées au statut de « junk bonds », les banques refusèrent d’étendre encore sa ligne de crédit et son cours de bourse chuta de 60 percent. Confronté avec une situation financière de plus en plus aggravante, le conseil d’administration décida de mettre Messier à la porte.
Le PDG déchu sera vite confronté à des poursuites judiciaires suite à aux allégations qu’il aurait intentionellement déguisé les problèmes financiers de l’entreprise Henri Proglio, qui fut à la tête de l’entreprise durant son sauvetage et sa rechute, démissionne de ses fonctions de PDG en fin 2009, mais il restera, non sans controverse, président du conseil d’administration pour une année encore. Le Président
français Nicolas Sarkozy, un ami personnel, l’avait nominé à la direction de Électricité de France, l’immense
compagnie de production d’électricité contrôlée par l’état français. Antoine Frérot sera son successeur chez Veolia.

Frérot avait été à la tête de la division Eau de Veolia durant six ans et était « le plus loyal » des quatre directeurs divisionnels, selon un des membres du conseil d’administration.


26/05/2011
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