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Ordures ménagères à prix d'or

Ordures ménagères : La France, mauvais élève de l’Europe

La France est le « mauvais élève de l’Europe » en matière de traitement des ordures ménagères, selon la Cour des comptes.

La collecte sélective n’est pas vraiment opérationnelle en centre-ville, malgré de coûteuses campagnes
La collecte sélective n’est pas vraiment opérationnelle en centre-ville, malgré de coûteuses campagnes SIPA

La Cour des comptes s’est penchée sur la gestion des déchets ménagers par les collectivités locales et… ça ne sent pas bon ! Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, la Cour dénonce d’importants gaspillages de l’argent public. Le constat est d’autant plus grave que les sommes engagées sont colossales : le marché des déchets ménagers représente en effet 5 milliards d’euros, provenant de nos impôts locaux, soit 10 % des recettes fiscales locales. Première constatation du rapport : les coûts d’enlèvement et de traitement des déchets ménagers ont augmenté anormalement de 6 % par an de 2000 à 2009. En clair, ils ont doublé en moins de dix ans et ont augmenté trois fois plus que l’inflation. 

 

Des citoyens écolos…

Les dérapages des collectivités locales sont d’autant plus critiquables que les citoyens font de réels efforts écologiques : chaque Français a produit 374 kg de déchets en 2009, contre 391 kg en 2007. Autre point positif : les 128 incinérateurs de l’Hexagone respectent dorénavant les normes européennes en matière de rejet de dioxine, cette substance cancérigène à forte dose. Enfin, 400 décharges malsaines ont été fermées depuis 2002, tandis que le nombre des déchetteries a doublé. Pour le reste, le constat de la Cour des comptes n’est pas rose. Les gaspillages ont été débusqués par soixante-dix magistrats, dans vingt chambres régionales des comptes, qui ont contrôlé 150 collectivités : villes, communautés de communes, départements et syndicats mixtes.

… Des contribuables qui trinquent

Comparé aux autres pays européens, la France est un très mauvais élève, selon les magistrats. Ainsi, chez nous, la collecte sélective n’est pas vraiment opérationnelle en centre-ville, malgré de coûteuses campagnes. Les taux de recyclage et de valorisation biologique (production de compost pour l’agriculture et d’électricité avec du biogaz issu de la décomposition organique) ont atteint péniblement le pourcentage de 33 %, alors que Bruxelles et le Grenelle de l’Environnement ont fixé un objectif de recyclage de 50 % des déchets ménagers. La comparaison avec l’Allemagne est sans appel : le taux de recyclage et de valorisation biologique s’y élève à 66 %, le reste étant incinéré, la mise en décharge ayant quasiment disparu outre-Rhin comme aux Pays-Bas, en Belgique, en Suède et au Danemark. A contrario, en France, la mise en décharge (35 %) et l’incinération (30 %) restent beaucoup trop importantes. Conclusion : nous devons accélérer et généraliser la collecte sélective des ordures.

Une organisation absurde

Deuxième explication à cette mauvaise note : une vingtaine de départements français (soit un sur cinq) manquent d’installations pour traiter leurs ordures ménagères. La situation est quelquefois kafkaïenne… Les Alpes-Maritimes, distantes de 200 kilomètres, envoient leurs ordures, soit 62.000 tonnes de boues d’épuration et 62.000 tonnes de déchets ménagers… dans les Bouches-du-Rhône. Même scénario pour les 15.000 tonnes des Alpes-de-Haute-Provence, les autres 15.000 tonnes du Vaucluse, les 53.000 tonnes du Gard et les 28.000 tonnes venues de l’Hérault. Opérations absurdes, coûteuses pour le contribuable, mais très rentable pour les Bouches-du-Rhône, dont le président du conseil général vient d’être mis en examen dans une affaire… d’ordures ménagères ! Même gaspillage au préjudice des contribuables du Grand Alès : leurs ordures ménagères étaient encore récemment compactées dans des semi-remorques de 30 m2 et transportées dans la Drôme (88 km) et le Gard (71 km). 

La putréfaction à prix d’or

Mais, il y a pire pour la poche sans fond du contribuable. Un exemple parmi beaucoup d’autres. Le traitement des déchets de l’agglomération de Montpellier flirte véritablement avec Ubu. A l’origine, les élus sont animés des meilleures intentions en matière d’environnement. En 2008, ils suppriment la hideuse décharge à ciel ouvert de l’agglomération située à Thôt, sur 52 hectares, soit une montagne d’immondices d’une quarantaine de mètres de hauteur polluant le paysage en bordure de mer et la nappe phréatique. Pour remplacer ce chancre visuel et ce vecteur de maladies, l’agglomération met en service l’usine Améthyst en plein centre-ville de Montpellier, qui a déjà coûté au contribuable local 83 millions d’euros et qui ne fonctionne toujours pas !

Cette unité de méthanisation offre aujourd’hui un bilan tragiquement négatif. Les dernières statistiques officielles remontent à 2009. Chargée de traiter 200.000 tonnes d’ordures ménagères et de bio-déchets, l’usine en a renvoyé 140.000 tonnes qui n’étaient pas correctement triées pour pouvoir être méthanisées. Résultat, les contribuables ont payé deux fois, pour méthaniser d’abord, puis pour incinérer ou mettre en décharge les 140.000  tonnes non traitées. Même situation insensée à l’usine de méthanisation de la métropole marseillaise à Fos-sur-Mer.


 

//www.francesoir.fr/actualite/scienceecologie/ordures-menageres-france-mauvais-eleve-l-europe-137028.html



15/09/2011
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