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La crise politique italienne fait chuter les Bourses

La Bourse de Paris a chuté lourdement ce mardi, au lendemain des élections générales italiennes, à l’issue desquelles aucune majorité claire n’est ressortie. De nouvelles élections pourraient alors s'avérer nécessaires. A l’image des places européennes, le CAC 40 a terminé sur une baisse de 2,67%, à 3.621,92 points. Les Bourses espagnoles (-3,27%) et italiennes (-4,89%) ont été encore plus touchées.


En attendant, l’Italie reste avec sa montagne de dettes de 2.000 milliards d’euros détenue par le système bancaire européen une sorte de bombe à retardement au sein de la zone euro. Ce carcan étrangleur qui attache les italiens au poteau de la dette contraindra les coalitions à persister dans l'austérité.

La succession des bouffons et des corrompus à la tête de l'état Italien a écœuré les électeurs. Les années 90 avec les enquêtes qui mirent au jour un système de corruption et de financement illicite des partis politiques surnommé Tangentopoli (de tangente, « pot-de-vin » et de poli, « ville » en grec). Des ministres, des députés, des sénateurs, des entrepreneurs et même des ex-présidents du conseil furent impliqués.  En 1998, Cesare Previti, ancien dirigeant de la Fininvest, évita la prison grâce à son immunité parlementaire. Bettino Craxi, (premier secrétaire du Psi et Président du Conseil de 1983 à 1987) condamné définitivement, s'enfuit en Tunisie où il demeura « en exil » jusqu'à sa mort le 19 janvier 2000.Depuis, du fait de la lenteur de la justice, les cas de prescription se sont multipliés : ainsi, en 2000, sur 2 565 inculpés à Milan, quatre seulement ont été placés en détention suite à des condamnations définitives. Après tous ces scandales qui ruineront l'avenir du PSI et de la Démocratie Chrétienne, vient l’ère Silvio Berlusconi. Fondateur et dirigeant de la holding financière Fininvest, puis du groupe de communication Mediaset, Silvio Berlusconi est, en 2012, selon le magazine Forbes, le sixième homme le plus riche d'Italie et le 169e plus riche au monde, avec des actifs estimés à 5,9 milliards de dollars américains. Sa carrière politique ( 3 mandats de président du conseil) est constellée de scandales. Au total, il Cavaliere a été poursuivi dans une vingtaine d'affaires judiciaires pour corruption, fraude fiscale, faux en bilan ou encore financement illicite de parti politique. Il a plusieurs fois été condamné en première instance, mais a toujours été relaxé en appel ou a bénéficié de prescriptions. Chassé du pouvoir par Mario Monti le technicien de l'économie et ancien « International Advisor » pour Goldman Sachs.

Le Point résume l'action de Mario Monti en ces termes : « Il a dû, entre autres, imposer une cure d'austérité drastique à ses concitoyens, affronter la colère des syndicats lors de sa réforme du marché du travail, tout en gérant une majorité hétéroclite au Parlement et de délicates négociations au niveau européen. Malgré ces embûches, cet Européen convaincu est parvenu à retisser fil à fil la crédibilité internationale de la péninsule, fortement mise à mal sous le règne de Berlusconi. »


Malgré les mesures rigoureuses prises par le gouvernement Monti, qui envisageaient en prime la réduction et le contrôle de la dette publique, et malgré les efforts des Italiens, la dette publique du pays reste en augmentation : fin 2012 elle correspond à 126 % du PIB, en atteignant le seuil de 2 000 milliards d'euros. Cette augmentation de la dette publique de sept points (elle correspond fin 2011 à 119 % du PIB) vient de la contraction du PIB italien en 2012. Le déficit annuel de l'Italie est resté stable ; la pression fiscale, a elle augmenté de 50,5 % à 55,2 %. Le gouvernement Monti a obtenu des très bons résultats dans la lutte contre l’évasion fiscale. Entre fin 2011 et fin 2012, le chômage en Italie a augmenté de 8,6 % à 11,1 % et l'Italie a atteint le record historique de 2,8 millions de chômeurs. Les dépenses de consommation des Italiens se sont réduites de 3,6 %

Les 25 et 26 février 2013, les listes soutenues par Mario Monti ont fait l'objet d'un rejet massif du corps électoral, n'obtenant en effet que 10,54% à la chambre des députés et 9,13% au Sénat.

Ite missa est* semble dire le peuple italien au monde politique et aux "techniciens" de la finance.

Qu'ils s'en aillent tous aurait dit la Méluche** en Français.

*Formule latine signifiant en bas latin « Allez, vous pouvez disposer », par laquelle, dans la messe primitive, on congédiait les catéchumènes à la fin de la seule partie de l'office à laquelle ils étaient admis.
** la Méluche = Mélenchon



27/02/2013
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