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L'usine de méthanisation Ametyst épinglée par la cour des Comptes

La Cour des comptes épingle l’usine de méthanisation Ametyst

14-09-2011
 
Dernière mise à jour : ( 15-09-2011 )

 

 

Ametyst ne fonctionne qu’à « 65% de ses capacités, comme un simple quai de transfert ». REDOUANE ANFOUSSI
Ametyst ne fonctionne qu’à « 65% de ses capacités, comme un simple quai de transfert ». REDOUANE ANFOUSSI

Dans un rapport accablant à paraître, les magistrats pointent de « nombreux dysfonctionnements ».

Depuis près de trois ans qu’ils se battent contre les nuisances olfactives et les mouches, les riverains de l’usine de méthanisation de Garosud n’avaient donc pas la berlue. Ametyst ne tourne pas rond. Du moins l’usine ne marche pas comme l’Agglomération de Montpellier l’avait prévu. Et cette fois, ce n’est pas la presse qui le dit. Mais un rapport salé de la Cour des comptes à paraître le 30 septembre sur « Les collectivités locales et la gestion des déchets ménagers et assimilés ». « Depuis sa mise en service en juillet 2008, l’usine de méthanisation a connu de très nombreux dysfonctionnements » pointent les magistrats.
Le rapport de la Cour des comptes a beau respecter les règles du contradictoire en compilant les réponses de l’Agglo de Montpellier, il ressemble fort à un réquisitoire contre Ametyst. « Nous n’avons absolument rien contre la méthanisation » atteste Jean-Noël Goût, président de la première section de la Chambre régionale des comptes, instance pilote du rapport national.


« Ametyst marche comme un simple quai de transfert »


Les constats des magistrats n’en sont pas moins accablants vis-à-vis d’Ametyst. Le rapport relève « plusieurs défauts de conception de l’installation » qui sont la cause de « très importantes nuisances olfactives » et d’un « pullulement de mouches ». Ils notent une « mauvaise qualité de tri en amont », de « multiples accidents du travail liés notamment à un défaut du système de ventilation », ainsi que des « difficultés de fonctionnement des digesteurs ». Pour étayer leurs dires, ils rappellent qu’en septembre 2010 « un incendie s’était déclaré dans le local de déshydratation des digestats, provoqué par un court-circuit électrique ». Autant de problèmes techniques qui amènent les rapporteurs à conclure que « l’usine ne fonctionne aujourd’hui qu’à hauteur de 65% de ses capacités, comme un simple quai de transfert ».
On est bien loin des objectifs fixés par feu Georges Frêche lors du Conseil d’Agglo du 29 septembre 2003. A l’origine, l’usine de méthanisation devait atteindre une capacité de traitement de « 203 000 tonnes de déchets par an, dont 170 000 d’ordures ménagères (OMR) et 33 000 de bio-déchets ». En outre, la délibération prévoyait la production annuelle de 24 000 tonnes de compost d’OMR, de 4 000 tonnes de compost de bio-déchets, ainsi qu’une production de biogaz permettant de générer 30 000 MWh par an d’électricité. Trois ans après sa livraison, « l’usine n’a toujours pas été réceptionnée » s’étonne Jean-Noël Goût.


Un gouffre financier

C’est d’autant plus ennuyeux qu’Ametyst est en train de devenir un gouffre financier. « La réalisation de cette usine a été particulièrement onéreuse » écrivent les magistrats qui veillent à la bonne gestion des deniers publics. Tandis que l’enveloppe financière initiale (2003) s’élevait à 57 millions d’euros, « l’usine a déjà coûté 87,9 millions à l’Agglo, soit un dépassement de plus de 54% » alerte la Chambre. Et les travaux complémentaires qui ont été entrepris pour des résultats jusqu’ici mitigés n’expliquent que 13,67 millions du surcoût.
Sans préciser si la remarque s’applique à l’Agglo de Montpellier, le président de la première section de la Chambre parle de plusieurs cas de « manque de contrôles » (pourtant obligatoires) des collectivités sur leurs délégataires, pouvant entraîner d’« énormes surfacturations ». Des surcoûts financés par les contribuables qui profiteraient aux privés. Est-ce le cas du délégataire d’Ametyst ? En attendant le 30 septembre que le rapport public lève le voile, le président d’Agglo Jean-Pierre Moure s’en défend (voir ci-contre).
Tout comme il n’accepte pas que l’on désigne l’Agglo de Montpellier comme le principal responsable de la très coûteuse politique d’exportation des déchets héraultais. C’est une autre critique de la Cour des comptes qui souligne la situation de « carences en exutoires » dans le département. En 2008, faute d’infrastructures, 200 000 tonnes de déchets héraultais ont été exportées, notamment vers le Tarn-et-Garonne.


L’heure de trouver un plan B

Est-ce cela qui explique que la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères s’élevait en 2009 dans l’Agglo de Montpellier à 141 euros par habitant contre 59 euros/hab/an en moyenne en France ? Toujours est-il que depuis que le Thôt a fermé à Maurin (2006) et que le projet controversé de pôle multifilières à Fabrègues a été abandonné par J-P. Moure, les magistrats craignent un « risque de saturation prématurée du centre de stockage de Castries ».
Pour autant, il serait plus que malhonnête d’imputer les maux héraultais à la seule usine de méthanisation. Si le rapport épingle Ametyst, il souligne aussi qu’il est grand temps que les collectivités locales accordent leurs violons autour d’un plan de gestion départemental des déchets.

REMY COUGNENC

http://www.lamarseillaise.fr/herault/la-cour-des-comptes-epingle-l-usine-de-methanisation-ametyst-24217.html




15/09/2011
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