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L'Europe les promesses des politiques et ... le chômage !!

 L’euroscepticisme du général de Gaulle :

«  Je crois qu’il y a, dès lors que nous ne nous battons plus entre Européens occidentaux, dès lors qu’il n’y a plus de rivalité immédiate, et qu’il n’y a pas de guerre, ni même de guerre imaginable, entre la France et l’Allemagne, entre la France et l’Italie, et même, bien entendu, un jour, entre la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Angleterre... et bien il est absolument normal que s’établisse entre ces pays occidentaux une solidarité. C’est cela l’Europe  ! Et je crois que cette solidarité doit être organisée : il s’agit de savoir comment et sous quelle forme. Alors, il faut prendre les chose comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe  ! l’Europe  ! l’Europe  ! mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien.  »
(Entretien télévisé, 14 décembre 1965. Extrait vidéo)

LE CONSTAT CRUEL AUJOURD’HUI

Chômage, catégories A, B, C, D, E :

France métropolitaine : 5 413 600 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi. Variation sur un an : + 9,6 %.

France entière (y compris l’outre-mer) : 5 731 700 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi. Variation sur un an : + 9,5 %.

Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

« Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL).

« L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche).

« Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France).

« Les droits sociaux resteront les mêmes –- on conservera la Sécurité sociale -–, l’Europe va tirer le progrès vers le haut » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2).

« Pour la France, l’Union Économique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter).

« C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune).

« Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix).

Voici ce que pensait Mendès France du marché commun, origine de l’Europe actuelle :

“Le projet de marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XXème siècle selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot, nationale et internationale.”

Pierre MENDES FRANCE - Discours prononcé à l’Assemblée Nationale, le 18 janvier 1957

« Une autre de leurs aberrations - de nos gouvernants - a consisté, sous la IVème comme sous la Vème République, à entreprendre une Europe libérale, fondée sur la seule concurrence. On a aboli les frontières douanières, les producteurs ont été appelés à s’affronter dans une sorte de compétition aveugle ; ” le meilleur l’emportera sur les autres au profit des consommateurs” ; nous connaissons ce vieux thème, la sélection naturelle, la productivité globale, etc. C’est un raisonnement digne du vieux Zollverein d’il y a cent ans. Les faits, au XXème siècle, sont différents ; les grandes entreprises, loin de s’affronter, se sont concertées et cartellisées, au détriment des consommateurs et des travailleurs. Ce qu’on a appelé l’Europe des trusts. Bien entendu, on n’a pas pu ne pas prévoir dans le traité de Rome, en 1956, quelques clauses d’exception, de sauvegarde. On a aussi affirmé quelques idées générales qui n’étaient pas purement libre-échangistes, par exemple, en matière agricole. Mais la philosophie de l’ensemble, c’était celle de la suppression des frontières, des vases communicants, celle du marché libéral dont on attendait l’unité et la prospérité.
J’avais une conception plus constructive que j’avais étudiée dès 1944, à Alger, comme je vous l’ai raconté. J’aurais préféré voir créer des unités de production communes puissantes dans les domaines situés en aval : trains de laminoir, industries atomiques, recherche, énergie…Je pensais à une politique collective et active de la reconstruction et des investissements. Il y aurait eu ainsi un ciment d’interdépendance et d’unification de plus en plus fort avec le temps. Je continue à croire à la valeur d’une approche de ce genre. Un grand programme d’investissements arrêté en commun pour les branches essentielles assurerait, en peu d’années, une diminution substantielle de nos faiblesses structurelles (le cas le plus net, c’est celui des centrales nucléaires qui donnent lieu aux contradictions que vous connaissez). Aujourd’hui, les grandes entreprises, et d’abord les sociétés multinationales, se développent au gré de leurs propres plans et ne contribuent pas du tout à nous défendre mieux contre les pressions et les à-coups du dehors, au contraire. »

Extrait du livre “Choisir” de Pierre MENDES FRANCE, conversations avec jean Bothorel, le 8 janvier 1974



02/06/2013
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