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Grèce, la malade va mourir guérie !

21/07 | 07:00 | Olivia Siegl

La situation de l'économie grecque n'a cessé d'empirer

Un peu plus d'un an après le déclenchement d'un sévère plan d'austérité, la Grèce peine à limiter ses déséquilibres.

Ecrit par
Olivia Siegl

En mai 2010, le FMI et l'Union européenne débloquaient 110 milliards d'euros d'aide à la Grèce à la condition que le pays assainisse ses finances publiques. Pour réduire de façon drastique ses déficits et sa dette, qui atteignaient alors des records européens (15,4 % du PIB pour le déficit public en 2009 et 127,1 % pour la dette, selon Eurostat), la Grèce a adopté un sévère plan d'austérité visant à réduire les dépenses de l'Etat de 7,6 milliards d'euros sur deux ans et à accroître ses recettes de 7,8 milliards sur la même période. Parmi les mesures adoptées, la suppression d'une partie des 13 e et 14 e mois dans la fonction publique, la réduction des dépenses de fonctionnement de l'Etat et de ses investissements mais aussi le relèvement du taux de TVA ou encore une durée des cotisations retraite portée à 40 annuités. Dans ces circonstances, Eurostat prévoyait que le déficit tomberait à 8,1 % du PIB en 2010 et que la dette s'élèverait à 133,3 %.

Mais la réalité a été différente  : le déficit public a finalement atteint les 10,5 % en 2010, un niveau certes moindre qu'en 2009, mais bien au-delà des objectifs du plan d'austérité, et, cela va sans dire, des niveaux préconisés par le Pacte de stabilité et de croissance européen.

Concernant l'année 2011, on prévoyait en mai 2010 un déficit à 7,6 % du PIB et une dette à 145,1 % du PIB. Or, les dernières prévisions (relevées en avril 2011) annoncent pour 2011 un déficit bien supérieur : 9,5 % du PIB. De même pour la dette publique grecque, qui s'élèvera à 142,8 % du PIB.

Cercle vicieux

Les derniers mois semblent avoir embourbé la Grèce dans un véritable cercle vicieux. En taillant dans ses dépenses, l'Etat grec a déprimé la croissance économique du pays. Ainsi les recettes fiscales ont-elles été naturellement réduites en dépit des réformes menées sur la TVA et les cotisations. Dans un climat de récession, la Grèce n'a pu réduire son déficit public, alourdissant encore sa dette. En 2011, le pays se voit donc contraint d'honorer un service de la dette plus élevé auquel viendra s'ajouter le remboursement des dettes arrivées à maturité (estimées à 27,7 milliards d'euros par Natixis).

Bruno Cavalier, économiste à Oddo Securities, reproche aux plans d'austérité menés par la Grèce les objectifs « non tenables » que s'était imposés le gouvernement. A condition que les échéances soient étalées dans le temps, la Grèce peut encore s'échapper du cercle vicieux, estime-t-il.

Les dernières prévisions d'Eurostat pour 2012 annoncent un déficit public à 9,5 % du PIB et une dette à 166 %.

O. S., Les Echos




21/07/2011
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