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Entourloupe aux emplois non pourvus

Le retour des 500 000 emplois non pourvus

 

 

Le chiffre des emplois non pourvus varie selon les périodes. Dans son émission télévisée du 7 mars le candidat Nicolas Sarkozy * l’a chiffré à 500 000

 

On ne peut que regretter que ses interviewers ne lui aient pas demandé d’où il sortait ce chiffre, car il aurait été bien en peine de répondre

Ce chiffre avait déjà annoncé par le Président de la République il ya an.

Un an après il ressert, identique, annoncé toujours avec la même assurance, et avec le même silence des journalistes qui auraient quand même pu, en préparant leur soirée, regarder l’émission d’il y a un an et se préparer à interroger sur un chiffre manifestement tiré comme un lapin d’un chapeau.

Extrait de

//alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/2012/03/07/le-retour-des-500-000-emplois-non-pourvus/

 

Pour essayer de comprendre l’origine de ce chiffre une petite recherche dans les documents officiels


 

//www.cee-recherche.fr/fr/connaissance_emploi/64-Emplois_vacants.pdf

 

Ainsi dans le 4 pages du CEE (Centre d’Etudes de l’Emploi, Etablissement public administratif placé sous la tutelle du ministère chargé du travail et de l'emploi, et du ministère chargé de la recherche.), d’avril 2009 consacré à cette question, on trouve :

Extraits :

De fin 2003 à mi-2008, en France, des chiffres variant entre 300.000 et 600.000 ont été cités dans le débat public comme représentant tantôt la somme des « emplois vacants », tantôt celle des offres d’emploi « non pourvues» ou « non satisfaites ». Mis en regard d’un niveau de chômage élevé, ces volumes ont été présentés comme la manifestation de difficultés de recrutement, implicitement ou explicitement associées à l’idée selon laquelle trop de chômeurs n’accepteraient pas les emplois qui leurs sont proposés…

Les emplois vacants s’appréhendent de deux manières.

La première consiste à interroger directement les entreprises par le biais d’une enquête.

La seconde s’appuie sur le recensement des offres d’emploi, qui constitue une modalité courante de recherche active de candidats. En France, ces deux méthodes donnent des résultats très divergents.

Les chiffres de l’enquête 2006 :

 

Contrairement à un certain nombre de pays (États-Unis, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Finlande, Royaume-Uni…) il n’existe pas en France d’enquête auprès des employeurs portant spécifiquement sur les vacances d’emploi. Une question a simplement été ajoutée en 2003 à l’enquête Activité et Conditions d’Emploi de la Main-d’œuvre (Acemo), en réponse à une sollicitation d’Eurostat, pour demander aux entreprises de dénombrer leurs emplois vacants. Fin 2006, le nombre d’emplois vacants s’élevait à environ 70 000 selon l’enquête Acemo, qui couvre tous les établissements du secteur marchand non agricole, situés en France métropolitaine et appartenant à une entreprise de dix salariés ou plus. Cette enquête totalise 11,7 millions d’emplois, soit environ la moitié de l’emploi salarié. Si la proportion des postes vacants était la même dans le champ non couvert par l’enquête, leur volume total serait de l’ordre de 140 000 pour l’ensemble de l’économie.

 

 

 

 

Les chiffres de recensements des offres en 2007 :

 

Au cours de l’année 2007, 3 740 000 offres d’emploi ont été enregistrées et 3 718 000 ont été retirées des fichiers. Parmi ces dernières, 3 327 000 ont été satisfaites, soit un taux de satisfaction de 89,5 % et un taux d’annulation – complémentaire – de 10,5 %, correspondant à 391 000 offres. Pour interpréter correctement ce dernier chiffre, il convient de préciser deux points cruciaux.

En premier lieu, dans certains cas, l’employeur renonce à embaucher parce que le besoin à l’origine du recrutement a disparu.

En second lieu, les 391 000 offres annulées ne constituent pas une donnée en coupe instantanée : il s’agit d’offres retirées des fichiers au cours d’une année entière .Il n’est donc pas correct de comparer ce type de données avec le nombre de chômeurs observés à un instant donné, comme cela est très régulièrement fait dans le débat public.

Yannick Fondeur CEE-Tepp

Jean-Louis Zanda Pôle Emploi

 

Donc pour résumer cette étude, ON NE SAIT PAS COMBIEN D’EMPLOIS NON POURVUS EXISTENT A POLE EMPLOI. Construire une rhétorique sur des chiffres assurément FAUX ne peut pas régler tout ou partie du problème de l’emploi.

 

Et pour finir quelques témoignages :

//blog.lefigaro.fr/social/2011/02/le-mirage-des-offres-demploi-n.html

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Vieille lune de la propagande de droite, les "offres non pourvues".

J'ai travaillé à Pôle Emploi. Je peux vous citer des exemples d'offres d'emploi non pourvues :
- le poste d'employé de ménage dans une toute petite succursale bancaire d'un village de 2000 habitants : un quart d'heure par jour, trois jours par semaine, payé au SMIC. Je n'invente rien.
- 20 postes pour un inventaire d'une journée dans un hypermarché parce que celui-ci avait déclaré avoir besoin de 60 personnes et, finalement, n'en prend plus que 40.
- un poste de soudeur qualifié (métier "en tension", c'est à dire où les personnes qualifiées sont notablement moins nombreuses que les emplois à pourvoir), dans une petite ville de province, pour 3 mois et au SMIC (qui, rappelons-le, est le salaire d'un ouvrier non qualifié).
- de nombreux postes dans un hypermarché dont le patron est connu - et a été à de multiples reprises condamné - pour pratiquer assidûment le harcèlement sexuel
- d'innombrables emplois d'infirmier-e-s, et justement le gouvernement a supprimé le dispositif qui permet à un chômeur engagé dans cette formation de 3 ans d'être rémunéré jusqu'au bout de la formation. Résultat : de très nombreux chômeurs renoncent à une formation d'infirmier.
Vous en voulez encore d'autres ?

Alors oui, il y a des postes non pourvus. Oui, il y a des gens qui refusent des emplois sans raison, et il y a des sanctions pour cela, et elles sont appliquées, souvent de manière abusive d'ailleurs.

Mais si j'ai un poste de soudeur qualifié à pourvoir pour 3 mois à Romorantin, je ne peux pas y placer une secrétaire au chômage à Romorantin, ni un jeune ingénieur chimiste, ni un maçon de 58 ans avec trois hernies discales, ni Jean Sarkozy. Ni faire venir un soudeur de l'autre bout de la France pour un contrat de trois mois.

Si j'ai trois postes d'infirmières à pourvoir dans ma commune et qu'il y en a en tout et pour tout cinq au chômage (dont deux enceintes) dans un rayon de 300 km pour 40 offres disponibles, je ne peux pas inventer des infirmières : il faut trois ans pour en former une, et il faut qu'elle ait les moyens de vivre sans revenu pendant une partie de sa formation. Et aimeriez-vous être hospitalisé dans un service qui embaucherait en guise d'infirmières une secrétaire de Romorantin, un maçon au dos cassé ou Jean Sarkozy ?

Sur la question de la mobilité des chômeurs (yaka la favoriser en créant au choix des logements, des aides au déménagement, etc.), je suis surpris que tout le monde considère le chômeur comme nécessairement célibataire et sans attaches. Figurez-vous qu'il arrive qu'un chômeur ait un conjoint qui travaille, des enfants, une maison, des activités en-dehors de son ex-emploi...

Si je perds mon emploi et que ma conjointe travaille, prendre un emploi à 500 km de chez moi signifie que ma conjointe va devoir à son tour... perdre son emploi. Et si elle ne retrouve pas d'emploi à proximité de mon nouveau boulot ? Je reperds le mien pour qu'elle en prenne un 200 km plus loin ?

Si je suis élu local et que je perds mon emploi, faut-il que je démissionne de mon mandat ?

Si je suis propriétaire de mon logement, faut-il que je le vende parce que je me retrouve au chômage ?

Si mes enfants vont à l'université dans la ville que j'habite, pour reprendre un emploi éloigné de chez moi il va falloir que je leur paie un loyer.

Arrêtons de raisonner sur des chiffres et considérons qu'un chômeur, c'est vous, moi, votre beau-frère, votre mère. Et qu'une offre d'emploi, cela peut être absolument n'importe quoi, du CDI bien rémunéré à un quart d'heure payé au SMIC.
Vous allez voir que cela change radicalement la perception des choses.

Quant à monsieur le président, je me demande pourquoi on s'attend encore à ce qu'il tienne des propos raisonnables. Il y a des années qu'il fait du Café du Commerce et que ça marche : pourquoi changerait-il ?

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Pôle-emploi collecte en moyenne 3 millions d'offres par an.

Parmi celle-ci on trouve :
un nombre non négligeables d'offres émises sans réel poste à pourvoir (pour tâter le terrain, constituer un portefeuille de C.V. "frais", ...).
un nombre non négligeable d'offre "biaisées" (on annonce un CDI, en fait c'est un stage ou un contrat aidé quelconque avec, peut-être un CDI à la clef).
un nombre certain d'offre pour le moins "irréaliste" (un bac+5, 10 ans d'expérience, à payer au smic en "retour à l'emploi").

Bref, au final, il n'en reste pas tant que ça, des "offres non satisfaites".

Il y a sans doute des "emplois non pourvus", mais c'est souvent parce que les entreprises ne publient pas d'offres pour ces postes ou publient mais n'arrivent pas à ce décider à embaucher (incertitude du marché) et finissent souvent par se contenter d'intérimaires.


La ficelle est trop grosse et a fait son temps elle ne convainc que ceux qui ont très envie d'y croire !!!Et...qui ne cherchent pas d'emploi...

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ouep, disons que j'ai vu passer une offre en Octobre qui me correspondait pile poil. Je réponds et comme d'habitude pas de réponse.

Rebelote en Janvier l'annonce ressort. Si ils cherchaient du monde, la moindre des choses serait de faire passer des entretiens aux candidats. On ne sait jamais !
Bref dans ce cas, 2 fois la même annonce non pourvue, et si ca se trouve aucun poste réel derrière. Je vais postuler pour être DRH, ca n'a pas l'air bien complique comme job. Il suffit de savoir lancer le Cv a la poubelle.

 

…. A SUIVRE !

 

* Sauf que jusqu'à présent le ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand, parlait lui de 250 000 offres (parfois non pourvues par Pôle emploi, parfois dans toute la France). Bref, moitié moins. (NDR)



08/03/2012
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