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Démocratie sous contrôle de la Police Municipale

jeudi 16 février 2012

Affaire du Canard : l'intervention qui m'a valu d'être expulsé du conseil municipal de Puteaux

6018501288_43c9b29545J'ai été expulsé manu militari ce soir (jeudi 16 février 2012) du conseil municipal de Puteaux : le député-maire UMP Joëlle Ceccaldi-Raynaud a demandé à la police municipale de me sortir de la salle du conseil. 5 policiers municipaux m'ont trainé de force ! C'est la première fois que je suis ainsi expulsé du conseil. Mon seul "tort", même si cela n'en est pas un, est d'avoir voulu évoquer en séance l'affaire du Canard enchaîné.
Le sujet était en effet à l'ordre du jour : Joëlle Ceccaldi-Raynaud demandait aux élus de voter une prise en charge de ses frais de justice dans le cadre d'une plainte pour diffamation déposée contre moi et leFigaro.fr.

Voici ci-dessous l'intervention que le maire de Puteaux a refusé d'entendre. Je n'ai pu en lire que les premières lignes, avant d'être soulevé par la PM et d'être jeté dehors ! Vous avez l'exclusivité du reste :

Madame le maire, vous nous soumettez une délibération qui vous permettra de vous faire rembourser, sur le budget de la ville, vos dépenses de justice suite à votre plainte dans l'affaire des Canards enchaînés mystérieusement disparus des kiosques à journaux de la commune.

Cette délibération, l'opposition Modem et EELV la rejette. Ce sont plusieurs milliers d'euros qui vont être soutirés du budget de la ville pour défendre le maire, alors que celui-ci accumule les affaires judiciaires.

Rappelons les éléments du dossier sur lequel vous sollicitez ce soir le soutien du conseil municipal :

Une instruction est ouverte depuis 2002 au palais de justice de Nanterre portant sur une possible corruption lors du renouvellement de la concession du chauffage urbain de La Défense.
Ce marché est attribué par un syndicat mixte présidé à l'époque par Charles Ceccaldi-Raynaud et aujourd'hui par Joëlle Ceccaldi-Raynaud. 15 millions d'euros de commissions occultes auraient été versés, affirme à la justice un intermédiaire luxembourgeois.

(C'EST A CE MOMENT QUE LE MAIRE ME COUPE MON MICRO ET ME DEMANDE DE ME TAIRE. JE CONTINUE MALGRÉ TOUT, SANS MICRO :)

Le juge d’instruction Isabelle Prévost-Desprez a perquisitionné, fin 2003, au domicile de Charles Ceccaldi-Raynaud, dans sa résidence corse et son bureau au Sénat. En avril 2004, la juge a perquisitionné le bureau de Joëlle Ceccaldi, à l'Assemblée nationale.

Le juge Richard Pallain, qui lui a succédé, a mis Charles Ceccaldi-Raynaud en examen, en 2007, pour favoritisme, recel d'abus de biens sociaux et corruption passive. 3 associés de la société qui gère la chaufferie ont également été mis en examen pour corruption, ainsi que l'intermédiaire luxembourgeois, qui a dévoilé l'affaire aux enquêteurs, faute d'avoir perçu la commission qu'on lui avait promise.

Entre 2007 et 2011, l’instruction se poursuit lentement. Et le juge Richard Pallain est finalement muté à Tahiti en septembre 2011.

C’est là que le Canard enchaîné intervient. Le mercredi 19 octobre 2011, l’hebdomadaire satirique publie un article sur l’affaire : « L’ex-suppléante de Sarko planquait son magot dans des paradis fiscaux ».

Portez-vous plainte contre cet article ? pas du tout !

L’hebdomadaire met pourtant en cause directement Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Notre maire, peut-on lire, possède des comptes au Luxembourg et des sociétés aux Iles Vierges Britanniques qui ont abrité au moins 4 millions d’euros. Le Canard énumère plusieurs dépôts en liquide : 152.000 euros le 18 janvier 2000, 304.000 euros le 12 octobre, 230.000 francs suisses le 15 décembre (soit 152.000 euros), 220.000 francs suisses le 24 décembre 2001. Le Canard évoque aussi mystérieux « héritage de grand-mère » : 20 millions de francs.

(A CE MOMENT LÀ, LA POLICE MUNICIPALE ENTRE DANS LA SALLE DU CONSEIL ET ME POUSSE DE FORCE VERS LA SORTIE, SOUS LES CRIS HAINEUX DES ÉLUS DE LA MAJORITÉ)

En 2004, l’argent est transféré sur un nouveau compte aux noms de Vincent Franchi et Emilie Franchi, puis en 2005 au seul nom d’Emilie Franchi (Il s'agit des enfants de Joëlle Ceccaldi).

« Le compte est clos en 2009 et transféré vers une destination inconnue », écrit le Canard. On se dit que la justice cherche à déterminer l'origine de cet argent et aussi ce qu’il est devenu.

Mais l’affaire du Canard enchaîné ne fait que commencer. Dans son numéro suivant, le mercredi 26 octobre 2011, nouvelle article « Main basse sur le Canard ».

Qu’affirme l’hebdomadaire ? Que dans la matinée du 19 octobre, tous les canards disponibles chez les marchands de journaux de Puteaux ont été achetés par un homme à moto. 600 exemplaires disparaissent. Une « razzia » écrit le Canard, qui ajoute que les marchands de journaux refusent de se réapprovisionner.

Portez-vous plainte pour diffamation contre cet article ? non plus !

A l’Agence France Presse, le journaliste du Canard, qui a écrit la série d’articles sur vous, déclare :  «Le maire de Puteaux fait régner un climat de peur sur les kiosquiers, certains d'entre eux refusant d'être réapprovisionnés en raison d'éventuelles représailles (…) Les kiosquiers ont reconnu des personnes de la mairie. L'un d'entre eux m'a assuré qu'en cas de nouvelle livraison, il mettrait les nouveaux exemplaires sous son comptoir et les renverrait la semaine prochaine pour invendus».

Est-ce l’objet de votre plainte ? Pas encore !

« La famille Ceccaldi continue de veiller sur le chauffage de la Défense, peut-on lire le 21 octobre sur le site de l’Express. Vincent Franchi, le fils de Joëlle, élu conseiller général des Hauts de Seine en mars 2011 - à la place de son grand-père! - s'est aussitôt fait nommer administrateur du Sicudef, le syndicat mixte qui gère la chaufferie. »

Est-ce cet article qui vous gène ? Niet !

L’article qui nous vaut de nous retrouver à nouveau devant un tribunal est publié le 20 octobre sur lefigaro.fr : « Le maire de Puteaux prive ses habitants de canard ». Article dans lequel je suis cité. Le journaliste m’interroge sur la disparition des Canards. Je me demande avec quel argent les journaux ont été achetés, pour une somme totale de... 700 euros.

Voilà bien en effet le cœur de toute cette affaire ! (c’est ironique)

L'important dans cette affaire c'est bien plutôt l’origine des 4 millions d’euros découverts par la justice sur vos comptes au Luxembourg… Et surtout, qu’est devenu cet argent ?

Mais la justice se penchera le 3 juillet prochain sur ce simple extrait d’un article du Figaro.fr. Le tribunal vous a demandé 2.000 euros de consignation. Un montant élevé qui démontre déjà l’agacement du tribunal vis-à-vis de cette procédure. Puteaux, son maire et son ancien maire encombrent, par leurs procédures à répétition, les tribunaux. La justice a bien d’autres cas plus graves à traiter !

C’est pourquoi, nous ne soutiendrons pas cette délibération et nous appelons les élus de ce conseil municipal à ne pas la soutenir. Laissons Joëlle Ceccaldi assumer financièrement ses plaintes. N’a-t-elle pas plus de 4 millions d’euros en banque ? Pourquoi utiliser l’argent public pour une affaire qui, dit-elle elle-même dans « Puteaux infos », relève de sa vie privée !?

Soyez au moins logique avec vous-même, Madame le maire. Et laissez l’argent des contribuables putéoliens aux Putéoliens.

Cette expulsion d'un élu d'une séance du conseil municipal est un acte grave. Le maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud n'avait aucun motif valable. Par ailleurs, l'expulsion a été réalisée par la Police municipale et pas par la Police nationale, ce qui n'est pas légal. Enfin, un homme se présentant comme membre de la police nationale, mais refusant de donner son identité, a prononcé des paroles menaçantes à l'encontre d'élus de l'opposition. J'ai alerté ce soir le préfet des Hauts-de-Seine et je demande à mon avocat de saisir le procureur de la République.
Christophe Grébert



22/02/2012
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