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Affaire Karachi

Affaire Karachi: le témoignage qui met en cause Sarkozy

Le Figaro.fr

Par Fabrice Amedeo Mis à jour le 02/01/2012 à 13:24
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/02/01016-20120102ARTFIG00192-affaire-karachi-le-temoignage-qui-met-en-cause-sarkozy.php
Nicolas Sarkozy (en visite à Metz dimanche) a toujours nié son implication dans l'affaire Karachi.
Nicolas Sarkozy (en visite à Metz dimanche) a toujours nié son implication dans l'affaire Karachi. Crédits photo : CHARLES PLATIAU/AFP
 

Selon un ancien haut-fonctionnaire, auditionné par le juge Van Ruymbeke, le chef de l'État, alors ministre du Budget en 1994, aurait été au courant du montage financier pour les ventes d'armes au Pakistan.

C'est un témoignage gênant à 110 jours de l'élection présidentielle. Un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense, Gérard-Philippe Menayas, entendu le 2 décembre par le juge Renaud Van Ruymbeke dans le cadre de l'affaire Karachi, a affirmé que Nicolas Sarkozy - ministre du Budget en 1994 - ne pouvait qu'être au courant du versement de rétrocommissions en coulisse du contrat d'armement signé avec le Pakistan. «Il est clair que le ministère du Budget a nécessairement donné son accord pour la création de Heine, a-t-il ainsi indiqué lors de son audition, dont le procès verbal a été dévoilé lundi matin par nos confrères de Libération. Vu l'importance du sujet, cette décision ne pouvait être prise qu'au niveau du cabinet du ministre». Et de répéter catégoriquement au cours de l'audition: «Je n'imagine pas qu'une telle décision ait pu être prise sans l'aval du cabinet du ministre».

Ce témoignage est capital pour les juges qui suspectent que les commisssions du contrat Karachi aient donné lieu à des rétrocommissions ayant servi à financer la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Campagne dont Nicolas Sarkozy était alors le porte-parole. A ce stade de l'enquête, rien ne prouve encore que Nicolas Sarkozy était au courant du versement de rétrocommissions mais il est évident, pour les témoins de l'époque, que le ministre du Budget a donné son accord à la création de la société Heine et aurait donc été au moins au courant du montage financier.

Des comptes sur l'Ile de Man, les Bahamas et les îles Caïmans

Gérard-Philippe Menayas est un ancien fonctionnaire du ministère de la Défense ainsi que l'ancien directeur administratif et financier de la DCNI, la branche internationale de la direction des constructions navales (DCN) qui a vendu au Pakistan des sous-marins Agosta, en 1994 . C'est lui qui aurait collaboré avec Jean-Marie Boivin, le patron de la société luxembourgeoise Heine créée avec d'autres structures dans des paradis fiscaux et qui devait recevoir les commissions destinées aux intermédiaires des transactions. Cette société utilisait une technique à double niveau pour financer les intermédiaires en contrat d'armement. Le rang 1 où apparaissaient les commissions légales versées, via des comptes au Luxembourg et en Irlande, aux intermédiaires surnommés «les agents». Et la plateforme de rang 2 où étaient cette fois-ci versées les rétrocommissions via des comptes sur l'Ile de Man, les Bahamas et les îles Caïmans. Ce serait par cet intermédiaire que l'homme d'affaire franco-libanais Ziad Takieddine, mis en examen dans ce dossier, aurait été rémunéré.

«Totalement étranger à cette affaire»

Le juge Van Ruymbeke avait déjà eu l'occasion d'entendre Gérard-Philippe Menayas en novembre 2010 dans le cadre de son enquête alors sur les délits d'entrave à la justice et les faux témoiganges liés à l'affaire Karachi. Lors de cette audition, le magistrat avait présenté à l'ancien haut-fonctionnaire une note manuscrite datée de 2006 dans laquelle il était question de la visite de «deux personnes au Luxembourg le 16 octobre 2006 mandatées par NS» à Jean-Marie Boivin, le patron de la société Heine, à qui ils auraient demandé la liquidation des plateformes de rang 2, celles chargées du versement des rétrocommissions. L'Elysée a toujours nié une quelconque implication du chef de l'Etat dans cette affaire qui pourrait empoisonner sa campagne. Interrogée sur le sujet en septembre dernier, la présidence avait répondu que Nicolas Sarkozy «n'a jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne «(la campagne de Balladur, ndlr), et «son nom n'apparaît dans aucun des éléments du dossier». Nicolas Sarkozy est «totalement étranger» à cette affaire, «d'autant plus qu'à l'époque où il était ministre du Budget, il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure», avait précisé la présidence.



10/01/2012
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